Oussekine

Antoine Chevrollier

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Oussekine

Un film de Antoine Chevrollier

2022 | Fiction, inspirée de faits réels | 4 x 52 min | Dysneyplus

Producteur
Itinéraire Productions

Distributeur
Dysneyplus

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Synopsis

Mise en ligne sur la plateforme Disney +, cette série en quatre épisodes d’Antoine Chevrollier revient sur la mort de l’étudiant Malik Oussekine en 1986 et le combat de sa famille pour obtenir justice.

Dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, en marge des manifestations étudiantes contre le projet de réforme universitaire Devaquet, Malik Oussekine est battu à mort dans le hall de son immeuble par trois policiers voltigeurs. L’étudiant est devenu un symbole de la lutte contre les violences policières, mais son histoire et celle de sa famille restent méconnues. Dans une mini-série en quatre épisodes diffusée sur Disney +, Antoine Chevrollier (réalisateur d’épisodes de Baron Noir et du bureau des légende) revient sur la métamorphose de ce meurtre tragique en drame national, ainsi que sur l’intimité d’une famille décidée à obtenir justice. Plutôt que de traiter cette affaire comme un fait divers, le cinéaste se concentre sur les conséquences de cette page noire de l’histoire française, de son traitement médiatique à sa récupération politique. Il aborde également les mensonges d’État autour des circonstances de la mort de Malik Oussekine et de la « légitimité » de l’intervention policière. Antoine Chevrollier relie l’affaire Oussekine à la grande Histoire de l’oppression des populations immigrées en France. Il reconstitue ainsi la nuit du 17 octobre 1961 durant laquelle des manifestants algériens sont jetés dans la Seine par les forces de l’ordre.

Révélé par la série Messiah (2020) de l’Australien Michael Petroni, l’acteur Sayyid El Alami prête ses traits à Malik Oussekine, alors qu’Hiam Abbass (Succession) interprète le rôle de sa mère Aïcha. Les frères de Malik, Ben Amar et Mohamed – campés respectivement par Malek Lamraoui (Le Bureau des légendes) et Tewfik Jallab (Né quelque part) –, mais aussi sa sœur Sarah – jouée par Mouna Soualem (Tu mérite un amour) – ont participé à la conception de la série par le biais d’entretiens et de rencontres avec les comédiens. Ils ont également fourni à la production des affaires personnelles de Malik Oussekine, dont certaines portées la nuit de son décès. Dans un souci de réalisme, l’avocat de la famille Oussekine, Georges Kiejman (Kad Merad), et des journalistes ayant couvert l’affaire ont été interrogés. Cette histoire trop peu racontée fera l’objet d’une autre adaptation en film, Nos frangins de Rachid Bouchareb, présentée cette année dans la section Cannes Première.

POURQUOI FAUT-IL REGARDER OUSSEKINE ?

La mort de Malik Oussekine a tellement marqué les années 80 françaises, qu’il est aberrant de se rendre compte que l’histoire n’avait jamais été racontée dans un film ou une série auparavant. Pourtant, la mini-série Oussekine est une première, et raconte enfin le récit intime et inédit pas seulement de la mort du jeune étudiant de 22 ans, mais aussi de toute sa famille, prise dans le tsunami médiatique, politique et judiciaire qui a suivi.

Créée et réalisée par Antoine Chevrollier, et écrite par Faïza Guène, Cédric Ido et Julien LiltiOussekine est, comme son nom l’indique, bien plus une série sur une famille que seulement sur Malik. Le récit de la nuit du 5 décembre 1986, celui du feuilleton judiciaire qui a suivi, mais aussi les souvenirs familiaux, s’entrecroisent et se répondent ainsi, telle une discussion bouleversante entre le passé et le présent, et tels des souvenirs qui pèsent dans l’esprit des protagonistes principaux.

À l’opposé de nombreuses séries policières, qui s’attardent sur les conséquences d’un crime, Oussekine déroule le drame de la nuit du 5 décembre tout au long des 4 épisodes. Malik irrigue ainsi de sa présence toute la série, tel un ange gardien donnant un cap à toute une famille, et à tout un pays en quête de justice. Une structure narrative éprouvante, plaçant le spectateur dans l’attente d’un événement qui arrivera fatalement, mais qui s’avère être d’une efficacité redoutable, et qui dote Oussekine d’une puissance dramatique remarquable.

Mais si la mini-série Oussekine est bien le récit intime d’une famille, elle s’impose aussi comme le portrait juste de toute une époque française, pas si lointaine que ça. À ce titre, elle retranscrit avec justesse ces années 80 sous présidence Mitterrand, des conflits politiques internes, au racisme ambiant de toute une frange de la population, en passant par les révoltes étudiantes et la génération « Touche pas à mon pote ».

La série rappelle également avec une brutalité nécessaire le mal-être de nombreux immigrés en quête d’intégration, rappelés sans cesse à leurs origines par un pays et un système français gangréné par le racisme. Des thèmes et des questions qui choquent par leur actualité, et qui donne à Oussekine une force évocatrice troublante. Bien qu’elle soit diffusée sur Disney+ (dans la section Star), la série se veut donc ouvertement politique, et rappelle que les enjeux de 1986 restent malheureusement les mêmes, 36 ans plus tard.

Loin d’être une série « Wikipedia« , qui ne fait que rappeler les faits, Oussekine est une œuvre dotée d’une véritable identité. La réalisation tout en retenue de Antoine Chevrollier recèle de nombreux moments brillants, qui viennent foudroyer le spectateur dans des moments-clés. La mise en scène parvient ainsi à capturer avec délicatesse et justesse l’instantané d’une époque, comme la puissance de certaines moments. La musique sublime d’Evgueni et Sacha Galperine participe de cette démonstration brillante.

Série à la fois historique, intime, poétique et résolument politique, Oussekine ne vous laissera pas indifférente. Sur un sujet sensible, elle parvient à trouver un juste équilibre entre toutes ses tonalités, et surtout à garder l’humain au cœur de son histoire terrifiante. Nous sommes sortis des 4 épisodes tout simplement choqués et bouleversés, le cœur rempli d’émotions et la tête pleine de questions.

Créateur, réalisateur : Antoine Chevrollier
Assistant réalisateur : Valentin Rodriguez
Scénariste : Antoine Chevrollier, Faiza Guène, Cédric Ido, Julien Lilti
Scripte : Clément Colombani-Lentheric
Directeur de la photographie : Benjamin Roux
Son : Martin Boisseau
Montage : Camille Toubkis, Lilian Corbeille
Décor : Colombe Raby
Musique : Sacha Galperine, Evgueni Galperine
Producteur : Itinéraire production, Disney +
Diffuseur : Disney +

Réalisateur
Antoine Chevrollier

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